Spectacle de music-hall, perte totale de contrôle, sommeil profond : l’hypnose traîne avec elle son lot de clichés. Pourtant, la recherche scientifique s’y intéresse sérieusement depuis des décennies. Voici ce que l’on sait réellement de ce phénomène, sans jargon ni fantasme.
Un état de conscience à part, pas un sommeil
L’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) décrit l’hypnose comme un état qui place la personne « à mi-chemin entre l’éveil et le sommeil ». Concrètement, il s’agit d’un état de conscience modifié : l’une des trois composantes de la conscience ordinaire (l’éveil, la perception de l’environnement ou la perception de soi) se trouve altérée, sans que les deux autres le soient forcément. Contrairement à l’idée reçue, la personne hypnotisée reste consciente et garde le contrôle : elle n’agit jamais contre sa volonté.
Ce qui se passe concrètement dans le cerveau
Sous hypnose, on observe une diminution de l’activité des régions cérébrales impliquées dans la perception subjective de la douleur, plutôt qu’une réduction de la douleur elle-même. C’est ce mécanisme qui permet l’usage de l’hypnosédation lors de certaines interventions chirurgicales ou endoscopiques, pour améliorer le confort du patient et limiter le recours aux médicaments sédatifs.
Ce que confirme (et ne confirme pas) la recherche
Le rapport de l’Inserm consacré à l’évaluation de l’efficacité de l’hypnose retient des effets positifs dans deux cas précis : le syndrome du côlon irritable, où des séances régulières d’hypnothérapie limitent les symptômes digestifs, et les procédures chirurgicales ou radiologiques, où l’hypnose réduit la consommation d’antalgiques et de sédatifs. Le rapport insiste aussi sur la nécessité de repenser les standards méthodologiques classiques pour évaluer une pratique de ce type, et souligne que pour d’autres usages (sevrage tabagique, dépression post-partum notamment), les données actuelles ne permettent pas encore de conclure. Aucun effet indésirable grave n’a par ailleurs été documenté.
Un état, plusieurs approches
Ce que la science décrit, c’est un état. La manière de l’induire et de l’utiliser varie en revanche selon les écoles : suggestions directes, langage indirect et métaphorique, ou encore approches cherchant à travailler sur l’organisation profonde d’une difficulté plutôt que sur ses seules manifestations visibles. C’est le cas de l’hypnose dite « structurelle », enseignée depuis plus de 13 ans à l’AHCE par Kevin Ramchurn : nous en détaillons les spécificités dans un autre article du blog.
À retenir : l’hypnose n’est ni un sommeil ni un abandon de volonté, mais un état que la science commence à mieux comprendre, avec des applications précises et des limites tout aussi précises.
Sources : Inserm, « À méditer – Qu’est-ce qu’un état de conscience modifié ? », inserm.fr ; Inserm, « Comment évaluer l’efficacité de l’hypnose ? », communiqué de la salle de presse, presse.inserm.fr ; Inserm, rapport « Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose », 2015.